Nous arrivons chez Nathalie qui habite un appartement idéalement situé au cœur du Marais parisien. Son salon est baigné de lumière et Nathalie rayonnante dans sa tenue d'ébène: une combinaison et des derbies vernies Minelli. Un look sur mesure pour cet oiseau de nuit qui fait danser les foules et électrise les corps dans les clubs du monde entier.

DJ et productrice de musique électronique, Nathalie est un oiseau rare dans cet univers encore très masculin :

J’évolue dans un milieu très macho où la femme fait encore figure de tapisserie derrière les platines ou de faire valoir réduite au statut de "Djette". D'ailleurs, je n'aime pas ce diminutif complètement misogyne qui nous décrédibilise.

Nathalie vit au rythme des clubs et des soirées privées entre Paris et les autres grandes villes du monde : "Les gens trouvent ça hyper cool de voyager comme je le fais, mais ce qu’ils ignorent c’est que ce sont souvent de simples allers retours de 24h où les visites touristiques se résument à l’hôtel et le club dans lequel tu joues !” Un monde à l'envers et sans horaires que Nathalie compense par une hygiène de vie ultra-rigoureuse :

Je fais énormément de sport, c’est mon moteur pour rester en forme. Et, chose rare dans le milieu de la nuit, je ne bois pas d’alcool et je n’ai jamais pris aucune drogue, ça aide forcément à tenir !

Pendant ses courts breaks, Nathalie compose sur ses machines et synthétiseurs analogiques de seconde main. Son dernier jouet en date ? Le synthétiseur monologue de chez Korg sur lequel elle explore de nouvelles pistes musicales :

La création d’une track peut prendre une heure ou un an, parfois même ne jamais aboutir. Certains accidents sont de vraies révélations, ils te permettent de sortir de ta zone de confort et de produire un nouveau son totalement dingue ! Mais il ne faut pas toujours compter sur la chance et le hasard, c’est surtout beaucoup de boulot et d'heures passées face à tes machines.

La nuit tombe à présent et Nathalie choisi sa tenue de soirée, un tailleur-pantalon en velours vert dont les jeux de matières irisés répondent à des bottines chaussettes pailletées Minelli, une élégance féminine et audacieuse. Ce soir elle jouera au club La Mano, un endroit qui se veut accueillant, libre, démocratique, et surtout dansant. Plus parisienne que les parisiennes, Nathalie connaît tous les clubs électro de la capitale mais c’est la scène électronique belge qui a fait son éducation musicale.

Je suis originaire de Liège. En Belgique, la musique électronique est très présente, elle m’a accompagnée durant mon enfance et mon adolescence. J’ai écouté beaucoup de New Beat et D’EBM qui sont les portes flambeaux du « sounds of belgium ».

En traversant les rues de la capitale, Nathalie court après le temps, vers des journées de 48h qui pourraient lui permettre de tout faire.
Elle avance plus calmement vers un premier EP qui devrait sortir très prochainement…